Mardi 11 mars 2008

Suite à la recension de l'ouvrage L'Afrique répond à Sarkozy parue dans ses colonnes, Le Monde a reçu de Jean-Luc Raharimanana le droit de réponse suivant.

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LETTRE OUVERTE À PHILIPPE BERNARD



raharimanana.jpgJ’ai lu votre article concernant notre ouvrage collectif L’Afrique répond à Sarkozy. Permettez-moi ce droit de réponse, même si votre texte s’acharne plus particulièrement sur Makhily Gassama, le coordinateur de l’ouvrage. Vous amenez sa contribution sur le terrain d’un débat complètement faussé : un débat d’ignare et d’obscurantiste. Alors que Makhily Gassama passe en revue le piège du mépris tendu au nègre tout au long de l’histoire, vous lui mettez sous la plume les mots de ceux qu’il combat, avant de le traiter de paranoïaque et d’antisémite ! Que devrons-nous penser de ce procédé que communément on appellerait pernicieux ?


Vous parlez ensuite pour l’ensemble du livre d’un étalage atterrant d’absurdités et d’approximations sans le démontrer ! Le lecteur doit bien sûr vous croire sur parole, vous qui êtes « spécialiste de l’Afrique », contrairement à Makhily Gassama qui a consacré quarante ans de sa vie à sillonner le continent. Ne parlons pas des autres contributeurs comme Djibril Tamsir Niane, co-auteur avec feu Joseph Ki-Zerbo de L’Histoire générale de l’Afrique (Unesco/Présence Africaine), ils ont sûrement besoin de vos lumières de grand critique et de juge suprême. Je passe volontairement sous silence le nom de Théophile Obenga : tout ce qui se rapporte à Cheikh Anta Diop a le don d’exaspérer certains cercles bien identifiés et assez douteux.


Plus loin, le reste des contributions ne témoignent pour vous que d’un monceau d’aigreurs accumulées – depuis l’esclavage jusqu’à la Françafrique. « Monceau d’aigreurs » donc lorsqu’il s’agit de dénoncer les forfaits subis par l’Afrique ? Tant de crimes contre l’humanité, tant de constance dans la cruauté résumés en une seule expression : monceau d’aigreurs ! Quel mépris, quel manque de vision critique…


Et quand vous me citez : « L’immense majorité des Africains n’attend de la France ni repentir ni excuse », serait-ce pour mieux conforter la non-repentance clamée du sommet de l'État-Sarkozy ? Vous occultez le fond de mon article : l’Afrique, malgré les trahisons de ses dirigeants, a, vaille que vaille, commencé son travail de mémoire, et invité la France à faire de même. Selon vous, dans ce grand délire, il n’y aurait qu’Ibrahima Sall pour avoir une hauteur de vue. Par une phrase qui comme par miracle pose la France sur un piédestal : la nation la mieux placée pour inspirer à l’Afrique "l’universel-concret"...


Soyez certains que le public qui connaît bien l’Afrique ne sera pas dupe de votre numéro de tam-tam.


* Jean-Luc Raharimanana
, co-auteur du livre L’Afrique répond à Sarkozy


(via senactu.com)
par Mehdi Ba publié dans : Médias
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Mardi 11 mars 2008
Nous reproduisons ici, à toutes fins utiles, la réaction de Makhily Gassama, qui a coordonné L'Afrique répond à Sarkozy, à la recension de cet ouvrage parue dans Le Monde sous la plume de Philippe “Y'a Bon” Bernard.

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PHILIPPE BERNARD OU LA VOIX DU MAÎTRE


Gassama.jpgLa critique des œuvres de l’esprit a toujours été, depuis l’adolescence, ma principale occupation. C’est dire que j’aime la critique quand elle n’est pas fondée sur la mauvaise foi, quand elle n’est pas dictée par cette malhonnêteté intellectuelle qui a toujours caractérisé les esprits faibles à court d’arguments. Ils n’ont qu’injures à la bouche. Le journaliste Philippe Bernard se trompe d’époque et de génération. Il oublie qu’il n’y a, désormais, ni maître ni valet. Dans son foudroyant réquisitoire contre L’Afrique répond à Sarkozy, publié dans le quotidien Le Monde du 28 février 2008, sous le titre surprenant : « Des intellectuels africains en colère », il a encore fait la preuve de sa légèreté, de sa malhonnêteté et de ses limites intellectuelles, qui ne surprennent pas les lecteurs de ce médiocre et prétentieux « spécialiste de l’Afrique ». Le temps est révolu où le jugement sans fondement du plus piètre journaliste de l’Hexagone pouvait nous faire trembler d’effroi en Afrique.


Le Monde
est un grand journal qui n’échappe pas, en France, à la règle générale qui régit les services africains des médias : la promiscuité de l’excellence et de la médiocrité. On y trouve des hommes et des femmes de compétence et de rigueur, respectables, tout soucieux du développement du continent ; comme on y trouve aussi les rebuts de la presse française, des aventuriers sans culture, fanfarons, au ton toujours péremptoire, affairistes, qui broient du nègre, dont la seule force réside dans leur ancrage dans le système de domination et de prédation que nous ne cesserons jamais de dénoncer avec force et entêtement ; ces faux spécialistes – il y en a de plus en plus dans les médias français – ne sont là, en vérité, que parce qu’ils ne sont spécialistes de rien. Nous les connaissons, et Philippe Bernard en est un.


Le rôle des médias dans les relations de l’Europe et de l’Afrique ne sont pas négligeables. Ce sont les prétendus « spécialistes de l’Afrique » qui constituent les funestes et opaques écrans entre le peuple français et le continent africain ; aucune image positive de ce continent ne doit passer la rampe, ne doit être soumise à ce peuple généreux et juste. Ce sont eux les principaux pourfendeurs de la coopération entre la France et ses anciennes colonies, une coopération qui peine à se fonder sur le respect de la dignité des différentes parties. Ce sont ces misérables prétendus « spécialistes de l’Afrique » qui ont largement contribué, tant sous les régimes coloniaux que de nos jours, au patient processus d’infantilisation de l’Africain aux yeux du monde, surtout aux yeux de leurs populations ; ils continuent d’épauler la Françafrique tout en faisant semblant de militer pour certaines causes certes justes, mais sans conséquences notables sur le développement réel de nos pays. Les vraies causes, ils les combattent tantôt sournoisement, tantôt avec effronterie.


Il n’est pas idiot – et c’est, ici, le seul mérite de ce journaliste inculte – de s’en prendre à moi, initiateur du projet de cet ouvrage collectif, dans le but de démolir l’ensemble de l’édifice. Aux yeux de ce médiocre critique littéraire, j’ai eu le tort, dans ma contribution à L’Afrique répond à Sarkozy, de suivre et de dépeindre le mépris qui a couvert le nègre à travers des millénaires, de la malédiction de Cham à nos jours ; je n’ai pas le droit, en passant, d‘évoquer l’esclavage, la colonisation et de porter des jugements, éclairés par des preuves, sur la Francophonie, de me référer à des sommités intellectuelles comme Cheikh Anta Diop, Théophile Obenga et tant d’autres, que ce grandiloquent journaliste appelle « groupuscule africain antisémite » ; c’est toujours ça, l’argument des médiocres ; ce qui révèle, du reste, de façon flagrante, son ignorance totale des réalités africaines contemporaines. La médiocrité, dans cet univers médiatique français, est toujours prompte à brandir les épouvantails traditionnels.


Je n’ai pas le droit, à ses yeux, de m’exprimer avec assurance, d’étaler mes convictions, mes expériences de plus de quatre décennies de travail acharné sur le terrain africain, je n’ai pas le droit de m’adresser ainsi à nos partenaires français. Quelle prétention abominable ! Pour Philippe Bernard, de la part d’un Africain, d’un valet qui vient à peine de sortir du joug de son pays, actuellement nourri et blanchi par son pays, c’est « condescendant », « paranoïaque », et l’ouvrage, dans son ensemble, est aussitôt jugé comme « un étalage souvent atterrant d’absurdités, d’approximations et de conformisme intellectuel », autant de jugements hâtifs et téméraires sans la moindre preuve à l’appui. Insister, dans le processus de développement de nos pays, sur l’indispensable implication des forces vives de la nation, des acteurs internes, souvent ignorés des gouvernants, dénoncer les désastres causés par la Françafrique sur nos terres, exiger une coopération juste, fondée sur le respect réciproque, bref, réclamer à haute voix une rupture significative des relations entre l’Afrique et la France grâce à une remise en question totale de notre politique commune de coopération, c’est, pour Philippe Bernard, « manquer de réponses convaincantes au sous-développement du continent » puisque sans la volonté de la France il n’y aura pas de développement.


« La hauteur de vue »
, pour ce curieux critique, consiste à mettre la France, dans nos systèmes de coopération, au-dessus de toutes les nations du monde : le maintien du pacte colonial, quoi ! D’où les citations tronquées – renvoyant à la France – qu’il a hâtivement tirées des textes de Raharimanana, de Mwatha Musanji Ngalasso et de Ibrahima Sall, comme si les autres pays d’Europe et d’ailleurs n’existaient pas, citations qui, isolées de leur contexte, semblent répondre, aux yeux du lecteur non averti, aux préoccupations de ce journaliste véreux. Un de ses objectifs, ici, est d’opposer les auteurs les uns aux autres. Demain, il cherchera à opposer les auteurs de ce livre à l’ensemble des intellectuels africains. Vaine tentative car l’Afrique est majeure. Et nous lui répondrons.


Au fait, il n’a pas lu l’ouvrage dont il parle avec une fausse assurance tant il est pressé d’orienter, dans la presse française, les critiques dans le sens souhaité ; c’est le comble de la malhonnêteté intellectuelle ; il s’est contenté de parcourir quelques lignes pour pondre son papier plein de mépris, voire de haine, au nom d’un quotidien aussi respectable que Le Monde. Les jugements injurieux qu’il adresse aux auteurs sans s’appuyer sur les idées développées par ces derniers – idées qu’il ne connaît pas – et les citations volontairement dévoyées le prouvent suffisamment.


Le souci qui occupe l’esprit vicieux de cet homme est clair : jeter l’opprobre sur le travail accompli pour éloigner les lecteurs de son journal de L’Afrique répond à Sarkozy en s’appuyant surtout sur les épouvantails traditionnels bien connus. Les intellectuels africains y sont habitués, à commencer par les plus grands d’entre eux. Pour une fois, Philippe Bernard sera manifestement démasqué : le lecteur lira l’ouvrage à la fausse lumière de ses fausses accusations, et il élaborera son propre jugement en toute liberté.


* Makhily Gassama, co-auteur et coordinateur du livre L’Afrique répond à Sarkozy.


(via senactu.com
par Mehdi Ba publié dans : Médias
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Mardi 11 mars 2008
Du_Racisme_francais.jpg






Philippe Bernard, du  Monde, et  Christophe Barbier, de L'Express, seraient bien inspirés de lire cet ouvrage.

Ils auraient ainsi l'impression de feuilleter un album de famille...

par Mehdi Ba publié dans : Livres
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Mardi 11 mars 2008
Banania.jpgOn pensait qu'avec son ex-négrologue en chef, Stephen Smith, le quotidien Le Monde avait touché le fond.

Pourtant son successeur, l'africaniste de salon Philippe Bernard, vient nous démentir.

Auteur jusque-là de télégrammes diplomatiques (pardon, d'articles) dépourvus du moindre intérêt, si ce n'est de révéler à ceux qui l'ignoreraient encore le strict alignement du quotidien vespéral sur la – criminelle – politique africaine de la France, Philippe Bernard s'est risqué récemment à rédiger un libelle dont ressort avant tout la négrophobie viscérale qui lui tient lieu d'intelligence.

Le prétexte à cet étalage de paternalisme Banania est l'ouvrage dont nous mentionnions ci-dessous l'existence: L'Afrique répond à Sarkozy. Ce livre blasphématoire, par lequel des intellectuels africains (manifestement, Philippe Bernard n'envisage pas que l'on puisse décemment accoler ces deux termes) prétendent disséquer ce que le discours de Dakar révèle de la négrophobie française, se limiterait à un “étalage souvent atterrant d'absurdités, d'approximations et de conformisme intellectuel”.

Le reste de sa recension est à l'avenant, et l'on s'en voudrait de tomber dans le piège consistant à la commenter. L'habit ne fait pas le moine, et le fait d'écrire dans Le Monde ne saurait nous tromper sur le fait que Philippe Bernard n'a pas plus de légitimité pour écrire sur l'Afrique, continent que son quotidien a toujours appréhendé à travers les lunettes déformantes du Quai d'Orsay et de la DGSE, que pour analyser un ouvrage écrit par des intellectuels infiniment plus érudits et pertinents que lui.

Comme le résumait en 1995 l'historien Jean-Pierre Chrétien, dans une interview toujours d'actualité, “il y a une faiblesse intellectuelle dans l’analyse de l’Afrique qui s’est installée au Monde et qui semble donner une cohérence générale, des éditoriaux aux reportages des correspondants”.

Philippe “Y'a Bon” Bernard a de qui tenir…

par Mehdi Ba publié dans : Médias
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Mardi 11 mars 2008
afrique_r-pond_-_sarkozy.jpg

Le discours prononcé  par le président Nicolas Sarkozy dans l'enceinte de l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, le 26 juillet 2007, apparaît comme un révélateur magistral de l'imprégnation négrophobe des élites hexagonales

Suscitant de tiédes commentaires dans les médias français, ce grand moment de racisme anti-noirs vint rappeler aux Africains qu'en France, dès qu'il s'agit d'évoquer leur continent, un mépris et une bêtise insondables tiennent lieu de point de vue.

À l'initiative du Sénégalais Makhily Gassama, une vingtaine d'intellectuels africains répondent à Nicolas Sarkozy à travers un ouvrage qui vient de paraître aux Éditions Philippe Rey.




par Mehdi Ba publié dans : Livres
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Mardi 11 mars 2008
trois_couleurs.jpgChristophe Barbier fait partie des observateurs de la vie politique française à qui on ne la fait pas.

Pendant que ses confrères, unanimes, célèbrent les effets d'annonce sarkozystes en vertu desquels le mini-président s'est engagé à réformer la Françafrique, Barbier veille au grain.

TIens, par exemple : l'annonce, faite en Afrique du Sud par  le néo-mari de son excellente amie Carla Bruni, selon laquelle “la France n’a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique” – annonce assortie de la promesse de renégocier les accords de défense liant la France à ses protectorats africains…

L'éditorialiste à écharpe rouge aurait pu afficher son scepticisme et rappeler qu'en matière de politique africaine, la France n'a pas évolué d'un millimètre depuis 1960. C'est dire qu'avant que les mots de Sarko se transforment en actes, il est probable que s'écouleront encore quelques décennies.

Mais Barbier Christophe s'est bien gardé de tomber dans le piège.

Il a plutôt laissé résonner, dans un de ses éditos vidéo que le monde entier nous envie, un braiment patriotique digne d'un officier du 1er RPIMa.

Car le directeur de la rédaction de L'Express est tout à la fois un grand patriote, un homme sensible et un géopoliticien avisé.

Rappatrier nos soldats basés en Afrique?  Décoloniser l'Afrique pour de bon? Vous êtes sérieux? s'étrangle-t-il – en substance.

Il ne manquerait plus que l'on soustraie les pôv n'enfants africains à la bienveillante protection “humanitaire” de nos légionnaires bleu-blanc-rouge (que Barbier rebaptise “pompiers”) !  Le risque serait grand alors que “cette nouvelle politique [entraîne] un peu plus bas encore ce continent de toutes les malédictions”.

Mais il est une perspective plus inquiétante que d'abandonner à leur biblique malédiction les descendants de Cham, ces réprouvés pour l'éternité. Le pape de la pensée expresso évoque en effet “un péril géopolitique pour la France”. Car, ajoute-t-il, si notre pays “quitte des positions en Afrique, elles ne resteront pas vides. […] Non, notre place sera prise par d'autres”.

Or, Barbier vivant, jamais l'Afrique ne sera abandonnée aux vils envahisseurs aux yeux bridés ni aux suppôts du Grand Satan anglo-saxon. Puisque notre place en Afrique serait prise par d'autres qui sont très méchants, il vaut mieux continuer de l'occuper, nous qui sommes très gentils.

Ignore-t-il que c'est en grande partie sur la base de ce raisonnement puéril que s'est forgée la politique criminelle de la République française au Rwanda – pour ne citer que cet exemple?

Au nom de telles inepties, la colonisation de l'Afrique par la France se perpétue cinquante ans après que le reste des anciennes puissances coloniales européennes ont accordé l'indépendance aux pays placés sous leur domination.

“Pour que vive la France et pour que, au nom de Dieu, vive la Coloniale!”

par Mehdi Ba publié dans : Médias
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Jeudi 6 mars 2008
barbier2.jpgLa négrologie est un exercice particulièrement prisé des médias français.

Elle a trouvé un nouvel ambassadeur avec Christophe Barbier, directeur de la rédaction de l'hebdomadaire L'Express.

La négrologie s'appuie sur quelques certitudes ancrées dans les esprits européens depuis l'apogée, au XIXe siècle, du racisme scientifique et de l'épopée coloniale.

Au nombre des lieux communs incontournables de la vulgate négrologue, l'adage selon lequel les Africains seraient irréductibles à leur appartenance ethnique. 

Ce que résume magistralement l'ami Christophe, avec l'air de celui qui en sait long, dans l'édito vidéo que voici:

“La deuxième leçon
[à tirer des événements survenus au Kenya], c'est de bien prendre conscience que l'Afrique garde une base ethnique, un volcan permanent ethnique allumé (sic), jamais vraiment éteint, et que c'est sur cette base-là que les pires conflits peuvent arriver.

Donc dans nos relations avec l'Afrique, plutôt que de regarder toujours le découpage colonial et l'Afrique qui en est issue, il nous faudrait revenir sans cesse à cette réalité-là. Pour la connaître et pour prévenir les éventuels conflits…”


Vous me direz que la connaissance de l'Afrique en général et du Kenya en particulier qui suinte de cet édito en images aurait dû plutôt conduire Christophe Barbier à disserter sur les avantages comparés du “all inclusive” et de la pension complète dans les villages vacances de Mombassa. Autrement dit, que, loin de professer une idéologie raciste, l'ami intime de Carla Bruni se contente de parler d'un sujet dont il ne connaît rien pour dire ce qu'il faut en penser, comme n'importe quel éditorialiste hexagonal.

C'est vrai. Barbier fait son dur métier d'éditorialiste: il répète avec candeur ce qu'il a entendu dans les dîners en ville. C'est d'ailleurs en cela qu'il nous intéresse.

L'ex-normalien devenu grand journaliste n'est qu'un symptôme, certes, mais quel symptôme! Il révéle l'incapacité profonde – confinant au refus obstiné – des “intellectuels” français à penser l'Afrique.

Voire à penser tout court.

par Mehdi Ba publié dans : Médias
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Lundi 3 mars 2008
Ah ben ça alors!

On en a lu, pourtant, des articles sur la crise des subprimes qui sévit depuis quelques mois aux États-Unis et menace d'emporter ce qui nous est le plus cher: la Bourse et ses valeurs.

Mais il est une dimension de cette  crise bancaire et immobilière qui nous avait échappé: le système des subprimes n'était pas seulement une machine à entuber les pauvres. Car il s'avère que les principales victimes de ce système étaient soit des noirs soit des latinos. 

 Les études statistiques menées depuis lors ne laissent guère place au doute:

“Dans un article publié en novembre 2007 , le New York Times a mené l’enquête dans deux quartiers résidentiels de la région de Detroit – l’un avec une population à 97 % blanche et avec un revenu moyen de 51.000 US$, l’autre avec une population à 97 % noire, avec un revenu moyen de 49.000 US$.  En 2006, 17% des crédits accordés dans le quartier blanc étaient « subprime », tandis que dans le quartier noir, 70% des crédits  accordés étaient « subprime »”.  (source)

Aux États-Unis, depuis l'automne 2007, tout un tas de gens a priori respectables (pas des islamo-gauchistes, veux-je dire) s'en sont offusqué:  le révérend Jesse Jackson;  Martin Gruenberg, vice-président de la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC); Lisa Madigan, procureur général de l’Illinois; Amy Wittman, de la Coalition de défense des locataires…

Lisa Madigan déclarait noramment, sur les ondes de la National Public Radio: “Un Africain-américain gagnant plus de 100.000 US$ par an avait plus de chances de se retrouver avec un crédit subprime à taux d’intérêt élevé, qu’une personne Blanche gagnant moins de 35.000 US$ par an. Il ne fait aucun doute que nous sommes en face d’une situation clairement discriminatoire.”

Alors vous, je sais pas, mais moi, j'avais rien lu à propos de ce scandale dans le scandale. Enfin rien lu, ni entendu, ni vu dans les “grands” médias français.

Je me suis pourtant laissé dire que dans les rédactions parisiennes il arrive qu'on reçoive le NY TImes, quotidien américain qui a traité l'info le  17 octobre 2007, avant de remettre le couvert le 4 novembre suivant.

On y est aussi abonné au Guardian, je crois, quotidien anglais qui s'en est fait l'écho  le 20 février 2008.

Tout à l'heure, j'ai tapoté sur Google News puis sur Google pour voir si j'avais raté, sur cette question, quelque une de Libé ou du Nouvel Obs, ou même un articulet relégué en pages intérieures, mais rien. Quelques reprises sur des blogs ou sur Agoravox, en tout et pour tout.

Ce qui veut dire que si je n'étais abonné à rezo.net, je continuerais de l'ignorer.

De là à imaginer qu'à leurs yeux, comme ils disent dans les grandes rédactions, “ça n'intéresse pas les gens”


(via Libertés Internets et rezo.net)
par Mehdi Ba publié dans : Médias
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  • : négrophobie
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  • : racisme rwanda françafrique colonialisme négrophobie actualite
  • : Bien que non répertoriée par l'OMS, la négrophobie est l'une des maladies les plus répandues sur la planète. Elle se caractérise par l'expression de préjugés, la plupart inconscients, à l'égard des "Noirs". Depuis le XVe siècle, ses victimes se comptent par millions. Pourtant aucun vaccin efficace contre ce fléau n'existe à ce jour. Sur ce blog nous lui tordrons le cou, à la mode de chez nous…
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